CBNA - Conservatoire Botanique National Alpin
CBNMED - Conservatoire Botanique National Méditerrannéen
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Rédigé par les CBN Alpin et Méditerranéen, ce PNA s’étend sur la période 2025-2033. Il dresse un bilan des connaissances et propose des actions concrètes pour mieux connaître et conserver ces habitats naturels et semi-naturels, mais aussi sensibiliser les acteurs de l’environnement et le grand public à leur sujet.

Objectifs

L’objectif principal est d’agir pour la conservation des espèces rupicoles et répondre aux besoins des acteurs territoriaux. Pour cela, trois axes sont identifiés :

–            Axe 1 : Connaître et conserver espèces et milieux. 

Les parois et pieds de parois abritent de nombreuses espèces végétales et animales plus ou moins spécialisées. Certaines d’entre elles sont d’un fort enjeu de conservation par leur rareté ou leur degré de menace. Mais tandis que quelques rares parois sont bien connues, les autres souffrent d’un manque de connaissances naturalistes, principalement à cause de leur difficulté d’accès. 

Cartographies des connaissances et des enjeux, prospections ciblées, amélioration de la protection réglementaire de certains sites, développement de méthodes de suivi adaptées aux milieux verticaux… Toutes ces actions visent à mieux préserver ces milieux difficiles à restaurer. Une fois la structure de la roche modifiée, difficile de la recréer ! Il est donc encore plus important de les conserver. 

–            Axe 2 : Améliorer la prise en compte des espèces et milieux dans les projets d’aménagement.

Les parois se situent parfois au cœur de travaux d’aménagement. Qu’ils soient entrepris pour sécuriser routes et bâtiments ou pour créer de nouvelles infrastructures de loisirs (voies d’escalade, via ferrata…), les parois sont fortement impactées. 

La création de deux réseaux thématiques de travail (sécurisation des infrastructures et aménagements de loisirs) a pour but d’identifier ensemble les meilleures pratiques à adopter lors des travaux. 

–            Axe 3 : Former, informer, sensibiliser. 

De nombreux acteurs interviennent sur ou à proximité de ces milieux. Qu’ils soient gestionnaires d’espaces naturels, entreprises de travaux publics, services de l’État, bureaux d’études naturalistes, professionnels des sports de nature ou pratiquants de loisirs, tous ont un rôle à jouer dans la préservation de ces habitats. 

La formation des professionnels, la mise à disposition de ressources et l’information du public sont les trois piliers de l’axe 3. 

Périmètre

De multiples acteurs concernés :

Les parois peuvent être au cœur de différentes activités humaines. Elles peuvent être exploitées en carrières, purgées et équipées de filets de protection lorsqu’elles constituent une menace pour les infrastructures ou encore équipées et parcourues en escalade ou via ferrata. 

Des carriers, des entreprises de travaux publics, des services des routes, des professionnels de l’escalade, clubs, fédérations et pratiquants particuliers, des gestionnaires d’espaces naturels, des bureaux d’études naturalistes… interviennent donc sur ces milieux. Chacun aborde les parois par le prisme de son activité. Ce PNA a pour ambition de concilier chaque point de vue avec la prise en compte de la biodiversité.

Parois et pieds de parois :

Un support vertical sans aucune aspérité ne pourra pas accueillir de plantes vasculaires. Ce sont les anfractuosités, les fissures, les failles, ou les joints entre les différentes strates qui pourront être le support de la flore et de la faune. Or la structure d’une roche est étroitement liée à sa composition chimique et granulométrique, à sa formation géologique ainsi qu’aux processus érosifs qui ont eu lieu au cours du temps.

Il existe de nombreux types de calcaire mais pour simplifier et permettre une utilisation plus fonctionnelle, nous définissons 3 catégories de roches : les roches calcaires dures, les roches calcaires tendres et les calcaires en strates. Les calcaires durs et compacts sont majoritairement des calcaires gris ou blancs issus de la sédimentation qui a eu lieu dans les fonds marins au cours du secondaire (mésozoïque), crétacé et jurassique. Les calcaires tendres sont ceux qui s’érodent plus facilement du fait de leur composition chimique ou granulométrique particulière, par exemple les calcaires lacustres, les calcaires crayeux, les calcaires gréseux ou les calcaires dolomitiques. Enfin, l’appellation “calcaires en strates” est proposée pour référer aux formations de roches marno-calcaires moins compactes où les couches calcaires alternent régulièrement avec des couches de marnes (très tendres) pouvant aller jusqu’à former des escaliers naturels. 

Végétations :

La structure des parois est très variée et les éléments de végétation tirent parti des micro-reliefs. Ainsi, un ensemble vertical pourra abriter des espèces strictement rupicoles (inféodées aux rochers) dans les fissures et les trous tandis que des espèces de garrigue ou de pelouses peuvent s’installer sur les reliefs plus favorables commes les vires ou les fissures plus larges où un peu de sol peut s’accumuler. Les parois abritent donc des ensembles de végétation complexes et variés et plus les reliefs seront spacieux, hauts, compacts et verticaux, plus la flore associée sera spécifique.  Mais le terme  “parois calcaire” cache un éventail de conditions écologiques. Parois chaudes ou fraîches, sèches ou ruisselantes… chaque condition est spécifique et abrite une flore adaptée. 

Si l’on peut facilement comprendre pourquoi les conditions de température (fortes amplitudes jour/nuit et entre saisons) et d’hygrométrie (forte sécheresse surtout dans les parois exposées au sud) des parois contiennent une flore adaptée, c’est moins évident pour les pieds de parois. Et pourtant, le microclimat induit par la présence d’une paroi rocheuse de grande taille n’est pas sans influence sur les espèces végétales présentes à leur pied. En fonction de la topographie et de l’exposition,  la paroi peut avoir des influences sur les précipitations reçues par les espèces et faire office : 

  • D’abri, en limitant le rayonnement solaire et en créant des conditions plus fraîches et de moindre amplitude thermique. C’est le cas des versants les plus exposés au nord, mais aussi celui plus particuliers des gorges étroites comme les clues. Ces dernières voient d’ailleurs le phénomène de microclimat amplifié par la présence de l’humidité liée au cours d’eau.
  • D’amplificateur thermique lorsque les pieds de parois sont exposés au sud et sans végétation arborée au pied pouvant faire de l’ombre. La chaleur est amplifiée par le rayonnement solaire et la restitution thermique du rocher. On y retrouve des espèces plus thermophiles qu’aux alentours.  

Espèces prioritaires :

Ce PNA est rédigé sur la base des espèces végétales qui sont présentées ci-dessous. Cette liste n’est pas exhaustive et d’autres d’espèces végétales à fort enjeu de conservation sont concernées, par exemple celles dont l’écologie n’est pas exclusivement liée aux parois mais qui peuvent quand même s’y retrouver. 

Mais les parois sont aussi l’habitat de nombreuses espèces faunistiques : chiroptères, oiseaux, mollusques… Certaines, comme les chauve-souris, font l’objet de leur propre PNA.